Entrevues avec...

Daniel Lesourd!!

Question sur son métier de doubleur:

Patricia Bier : Est-ce qu'un acteur de doublage peut changer des phrases écrites sur la bande? Est que ça vous a déja arrivé?
Daniel Lesourd: Généralement non…on fait plus attention a ce le directeur a choisi comme phrase ou comme expressions… Oui cela m’est déjà arrivé, mais comme je vous dit, il doit plus respecte ce qu’il est déjà écrit….

P.B. Est-ce que l'acteur a le droit aussi de refuser de doubler une boucle ou une sequence parce qu'elle est trop ardue a doubler? Par exemple si le comedien du film crie ou en est en train de courir?
D.L. Généralement  non…on peut refuser de dire quelques choses qui est soit contre notre religion ou notre personnalité, mais quand on double, on doit tout dire.

P.B. Quels sont les autres obstacles le comedien peut avoir en doublant?
D.L. Si le comédien parle vite, s’il a des expressions ou sentiments difficile a feindre ou si le comédien chante beaucoup de chansons..

P.B. Est-ce qu'un comédien qui double se met dans la peau du personnage comme il le fait au théâtre?
D.L. Il peut se mettre mais c’est plus ardu… au théâtre , ton corps bouge, l’expression de la voix varie… Au doublage, c’est seulement la voix qui doit bouger!

P.B. Donc, ca doit etre ardu de doubler un personnage alors que le doubleur est hors-contexte?
D. L. Non…. et oui…oui pour un petit rôle, s’il est méchant, bon, agressif.. on doit savoir en avance pour nous aider à le faire!

P.B. De quelle façon se prépare-t-on à un interprétation en post-synchro?
D. L. Un : en arrivant quelques minutes avant, pour se préparer, répondre les appels, faire pipi.. Deux : en écoutant ce qu'explique le directeur de plateau, écouter un peu le doublage pour nous aider à se préparer…trois: A laisser tous nos énervement de côté pour commencer par la suite…

P.B. Quels conseils donnerez-vous alors à quelqu'un qui veut débuter dans le  métier?
D. L. De faire très attention a l’articulation, a la langue française, notre langage est très primondial pour le doublage...

Question sur son lui :

P.B. Qu'est-ce qui vous a amené au doublage? Le fait d'avoir commencé à 15 ans a dû être difficile pour vous?
D. L. Quand j’étais jeune, j’écoutais une émission qui se nommait à l’époque « la TV des géant » doublée ici. Je leur ai demandé des questions comme comment cela se faisait… Ils m’ont montré comment se déroulait et ils m’ont demandé si j’étais d’accord pour  faire un petit rôle… j’ai accepté en secret…. Par la suite mes parents  l’ont su et j’ai continuer de doubler! (rires)

P.B. Il y a-t-il des comédiens ou personnages que vous prefer doubler plus que d'autres?
D. L. J’aime doubler des comédiens qui interprètent des personnages doux, faibles, pas des gros brutals, violents, ou agressif.. Des personnages de bandes dessinée j’adore ça parce que c’est plus libre à nous de changer un tantinet ce que l’acteur a comme expression et on peut plus changer de sentiment sans ce que se dérange!

P.B. Ma dernière question, quel est votre plus grand rêve non réalisé en tant que doubleur?
D.L. Mon dieu…que nos doublages soient reconnus, et que les poste de télévision font plus attention de diffuser des doublages fait  ici plutot qu’en france et aussi que la France les accepte…

P.B. Esperons qu'un jour ce reve deviendra vrai! Merci Monsieur Lesourd pour avoir répondu à mes questions!
D.L. : De rien! Ça m'a fait grandement plaisir!
 


Une entrevue et un dîner avec Nicolas Charbonneaux!

Assis confortablement au Bistro Rock-Détente, nous étions enveloppés des arômes de pâtes fraiches, d'ail, de basilic,  de gâteaux au chocolat, et de café. L'athmosphère était chaleureuse, détendue: les gens se connaissent, discutent entre-eux... Sous un fond de musique de The Mamas & The Papas, c'est là que commence mon entrevue:

Patricia Bier: Parlez-nous de votre métier de doubleur: est-ce vraiment un métier?
Nicolas Charbonneaux: Oui...C’est un métier comme n’importe quel métier avec ses joies et contraintes.
Il faut être là, à l'ecoute, ne rien manquer mais avoir du plaisir aussi…!  Contrairement à un métier à temps plein (bien qu’il y ait des  doubleurs qui soient à temps plein hihih!) l’argent ne tomba pas à chaque semaine!
on ne sait jamais si on va avoir un rôle dans la prochaine production… Il faut toujours se diversifier, rester actif et positif, c’est le lot de la majorité des artistes.
 

P. B:: Comment avez-vous eu la chance de pouvoir doubler la première fois?
N . C: La première fois? Euh...J'ai travaillé avec Diane Arcand, ce fut mon premier professeur au Conservatoire et deux mois après, elle m‘a appellé pour 2 petits rôles...c'était pour Chevalier Nez de Fer et Belphégor, j'étais vraiment content! C'était la première fois avec elle et voilà!

P. B: Est-ce que cela a été ardue?
N.C:  Oui! Il a fallu que je respire par le nez!...tu as toujours le coeur qui bât très vite et ça le fait encore maintenant!  Je pense qu'il faut toujours avoir des papillons dans l'estomac: ce stress là m’aide beaucoup. c'est comme au théâtre, tu es enervé et tu te demande ce que tu fais ici, mais une fois que tu rentres sur la scène, ce stress se transforme en énergie positive...

P. B: Vous qui avez déjà joué au théâtre, la direction au theatre est-elle plus stricte que celle au doublage?
N.C: C'est pas plus stricte, c'est plus précis...  Le directeur de plateau de doublage te dirige en fonction du comédien original, il te donne des indications, tu as très peu de temps pour préparer et comprendre ton personnage! Il t'explique un peu en bref la situation, mais c’est pas pour ça que c’est plus facile...Tu dois te mouler au personnage tout  en y ajoutant ta personnalité. Au théâtre ton personnage, tu le composes au fur et à mesure des répétitions et des représentations!

P. B: Alors qu'au doublage cest vraiment plus court!
N.C: En effet! En général on voit la boucle 2 fois.  la premiere tu écoutes, tu te concentres, tu regardes le personnage.La deuxieme fois tu lis et tu essayes de « coller physiquement » à l’énergie du personnage…et la troisième c’est une répétion ou quelque fois…une prise!

P. B: J'imagine que si c'est une langue peut commune, ca doit être difficile!
N.C: Ha ha ha oui!...Au Conservatoire, nous avions eu un cours sur des doublages en langues nordiques…du suédois. Nous devions trouver l’intonation et comprendre ce que l'acteur disait.
Pourquoi est-il en colère ? : est-ce que c’est parce qu’il n’a pas pu sortir son chien ou…ses vidanges!?
Bref, notre point de repère de situait dans leurs yeux.

P. B:Est-ce vrai que beaucoup de directeur de plateau demande d'être sérieux et concentré lors de enregistrements?
N.C::Tu sais, quand tu es directeur de plateau et que tu es en studio toute la journée, il faut savoir aussi gérer son énergie. Je ne peux me prononcer seulement quand tant que comédien, mais il font un sacré boulot! Dans les ambiances par exemple, il n’est pas rare de se retrouver à plus 8 dans un studio…tu comprendras qu’il faut tenir tout ce monde là et imposer une certaine discipline.Dans tous les cas, il faut être décontracté mais concentré!

P. B: Quel sorte de film aimeriez-vous doubler?
N.C:  J'aimerais franchement doubler des films et des personnages très drôles, colorés avec beaucoup d’énérgie et qui parlent très vite…des verbomoteurs quoi ! J'aimerais jouer aussi avec les accents, j'adore composer des personnages bizarres.
P. B: ...Et parmis tous les acteurs hollywoodiens et européens, le ou lesquels  préfériez-vous doubler?
N.C: Malheureusement, tout ceux que j'aime sont déjà pris, mais j'aimerais euh...(Il réflechit)  Ben Stiller,. parce qu'il est complètement fou, Jim Carrey...Mon dieu euh, Micheal Richards dans Seinfield, les fous quoi!!
Aussi des acteurs avec des voix comme Leonardo DiCaprio je pense que je collerai bien dessus...

P. B: Jusqu'à maintenant quel a été votre doublage préféré?
N.C: « Bob Younger » dans « Hors-la-loi Americains »!
J’étais dirigé par Vincent Davy et j’ai pris beaucoup de plaisir à developper ce personnage. Quand on a des rôles d’importance, c’est plus facile de rentrer dans les « chaussons » de l’acteur qu’on double et d’y mettre ses tripes. j'aime bien « Jiet-Jiet » dans « Sagwa » et « Martin » dans « Sacré Andy »

P. B: D'après vous, quelle est la qualité la plus importante d'un bon doubleurs?
N.C: Je ne sais pas si il y a une qualité plus importante qu’une autre, mais d’après moi ne pas être orgeuilleux est une chose primordiale! Il faut laisser toute la place au comédien que tu doubles en y ajoutant un peu de soi-même.
Le spectateur veut voir ses vedettes préférées mais entendre une version francophone et tu es là pour ça!

P. B: Donc, si quelqu'un est  orgeuilleux, ca peut le nuire a son doublage?
N.C: Effectivement, au lieu de jouer, tu « cabotinnes », tu « surjoues » et tu t’écartes de la version originale.

P. B: Aviez-vous des conseils à donner a ceux et celles qui aimeraient faire du doublage?
N.C: Je dirais simplement ceux qui m'ont donnés, faut commencer aller voir un doublage, faut savoir être soit-même , c'est pas parce qu'on  peut être capable de lire a travers la vitre d'un studio de doublage avec un technicien qu'on est capable de le faire. Euh, il faut avoir beaucoup d'humilité  et de penser a faire des cours parce que ca te fais sauver beaucoup de temps, ca te donne beaucoup d'avance, de ne se pas laisser abattre et le plus important c'est regarder les yeux du comediens, tout se passe dans ses yeux et quand tu as compris le regard, la bande est là pour t'aider..c'est comme qund tu improvises  il faut savoir où parler..

P. B: Finalement, quel a été le plus beau moment de votre vie en tant qu'acteur?
N.C: Je pense que c’est pas encore fini, mais c’est quand tu t’entends à l’écran et que finalement tu trouves que c’est pas si mal !... Un comédien est souvent dans le doute et c’est souvent ce même doute qui le fait avancé ! C’est bien de se remettre en question…mais c’est important de voir les belles choses aussi. J’aime déceler le plaisir dans le regard de mes amis lorsqu’ils découvrent une scène que j’ai doublé…ça arrive quelque fois ha ha ah!!

P. B:  C'est déjà tout pour l'entrevue, merci beaucoup!
N.C: Merci à toi!

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Stephane Rivard dans son propre role dans: Une entrevue près de chez vous!

 
La photo date de 1978

Patricia Bier : Quelle comparaison feriez-vous entre le jeu à la tv et celui au doublage?
Stephane Rivard : En doublage, il n'y a pas de déplacements, utilisation d'accessoires, de décors, de maquillage, de texte à remémorer, l'attente pour le set-up technique est beaucoup moins longue. Au contraire du tournage, nos studios sont dans la pénombre. Notre outil, c'est la voix. Nous sommes le miroir de ce que nous doublons, mais en français. Avec notre voix, notre personalit. notre talent, et celui de la/du directeur de plateau... Et évidemment toute l'équipe technique!

P.B : Est-il plus difficile de doubler un film qui est dans une langue autre que l’anglais ?
S.R : Non. On a qu'à suivre le texte français et les  changements que notre boss nous demande.

P.B : Comment se fait le travail de préparation entres les acteurs-doubleurs pour la même post-sychro?
S.R : Seulement les rôles principaux peuvent s'approprier une cassette du film pour pratiquer chez eux. La majorité du temps, tu apprends ce que tu feras en arrivant en studio.

P.B : La direction au doublage est-elle plus sévère que celle à la télévision?
S.R : C'est différent. Ca dépend des directeurs. A la tv, il y a plus de variables. Il y a aussi plus de "vedettes". En doublage, les caractères difficiles sont plus à risque, car c'est un milieu assez restreint, et le temps est très important (pour tous les palliers de doublage). Il existe une atmosphère de camaraderie que j'adore, et pour moi, les deux milieux sont de grandes sources de joies. La sévérité appliquée pour une qualité plus grande devrait être essentielle, mais le peu de temps nous permet peu d'erreurs. C'est un des problêmes importants du doublage au Québec : De la Fast-Gastronomie...

P.B : Y a-t-il un comédien que vous doublez, et que vous préférez à d’autres ?
S.R : J'ai bien aimé Artie Lange et Jack Black, si je n'ai pas perdu  ce dernier à jamais...

P.B : Parmi les acteurs que vous n’avez pas encore doublés, y en a-t-il un que  vous aimeriez particulièrement doubler?
S.R : Des voix de compositions, explorer mon registre de voix. Des gros méchants , comme celle sur ta page des doubleurs; ça défoule!!! Un acteur qui a un rôle dans une série tv populaire! La continuité, c'est un privilège dont j'espère jouir un jour. Si SACRÉ ANDY pouvait être renouvelé pour plusieurs années...

P.B : Lorsque vous étiez adolescent, pensiez-vous devenir comédien de doublage?
S.R : Depuis l'âge de +- 15 ans. Je ne fais que ça artistiquement depuis près de 1996.

P.B : Quel était le second métier que vous vouliez faire si acteur n’avait pas fonctionné?
S.R : J'aurais voulu etre lanceur au baseball en visant les ligues majeures, bien $ur...

P.B :  Avez-vous un projet, un rêve particulier que vous chérissez et que vous n'avez pas encore réalisé ?
S.R : Vivre heureux, en bonne santé, longtemps et confortablement !

P.B : Finalement, quel a été le plus beau moment de votre vie en tant que comédien?
S.R : Il y a eu "TOSCA" qui m'a fait découvrir l'opéra; CORMORAN qui m'a procuré les joies de la tv; LA CORRIVEAU, ma 1ère pièce ; LE CÉLIBATAIRE et SHALLOW HAL qui ont été mes rôles préférés en doublage...

 



Merci a messieurs  Lesourd, ainsi que Charbonneaux-Colombet  et  Rivard
pour avoir repondu à mes questions!
Merci encore et bon succes!

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